dimanche 22 mars 2015

LE DOSSIER DE LA SEMAINE - 22 03 2015 - 10:20 -

L’hypercalcémie: beaucoup d’effets secondaires

L’excès de calcium dans le sang, à un taux supérieur à 105 mg/l, définit une hypercalcémie. Cette pathologie est le plus souvent en rapport avec la sécrétion excessive d’hormone parathyroïde par l’une des quatre glandes parathyroïdes (situées de chaque côté et en arrière de la thyroïde elle-même), mais d’autres causes sont possibles : ingestion massive de calcium, surdosage en vitamine D, défaut d’élimination rénale de calcium, cancers…

En dehors de l’hypercalcémie aiguë qui peut présenter un risque vital, le traitement de sa cause suffit pour que tout rentre dans l’ordre.

On compte 42 personnes atteintes d’une hypercalcémie pour 100 000 personnes par an. Cependant, chez les femmes de plus de 60 ans, les chiffres passent à 4 pour 1000.

Le métabolisme du calcium

98% du calcium de l’organisme (1200g) se trouve dans le squelette osseux qui constitue la « réserve calcique ».
Le squelette est un tissu vivant. Il existe en permanence à tout âge un remodelage permanent de l’os, avec des plages où l’os se résorbe et des plages où du tissu osseux neuf se dépose.
Les os sont constitués d’une matrice protéique sur laquelle se déposent des sels calciques sous forme de microcristaux.

Sel minéral le plus abondant dans l’organisme, le calcium représente 2 % du poids corporel. Près de 99 % est concentré dans les os et les dents. Ce qui reste joue tout de même un rôle primordial dans le bon fonctionnement de toutes les cellules de l’organisme, dont les cellules musculaires (celles du coeur, entre autres) et les cellules nerveuses. Le calcium participe également aux fonctions rénales, au mécanisme de la coagulation sanguine ainsi qu’à plusieurs processus enzymatiques.

Le taux d’absorption du calcium varie selon l’âge (plus on est jeune, plus il est élevé), l’origine ethnique (les Africains et les Asiatiques absorberaient mieux le calcium que les personnes de couleur blanche), et l’alimentation (les apports en vitamine D, en bore, en magnésium et en protéines jouent un rôle important dans l’absorption du calcium).

Les causes de l’hypercalcémie

Habituellement, la cause d’une hypercalcémie légère chez un patient en bonne santé apparente est attribuable dans plus de 90 % des cas à une hyperparathyroïdie primaire. Dans l’hyperparathyroïdie primaire, la concentration sérique de parathormone est habituellement très élevée dans plus de 80 % à 90 % des cas.

L’hyperthyroïdie, la maladie d’Addison, certains médicaments (théophylline, tamoxifène, œstrogènes, diurétiques thiazidiques), une immobilisation prolongée et les intoxications par la vitamine D sont au nombre des causes plus rares d’hypercalcémie non dépendante de la parathormone.

Les cancers représentent la cause la plus fréquente des hypercalcémies non dépendantes de la parathormone5 , qui peuvent être due à l’effet local des métastases osseuses, à la production de parathormone-rp (PTH-rp) par la tumeur ou à la production de vitamine D.

L’excés de vitamine D

La vitamine D intervient dans l’absorption du calcium et du phosphore par les intestins, ainsi que dans leur réabsorption par les reins, sous l’influence de la PTH. Ses effets sont contrebalancés par la calcitonine. D’autre part, elle influence plus de 200 gènes et aurait une action de réparation de l’ADN.

Une quantité suffisante est également nécessaire chez l’adulte afin d’éviter l’ostéomalacie, maladie fréquente et insuffisamment dépistée en Europe. Elle diminue le risque d’ostéoporose. Elle pourrait avoir un effet bénéfique dans de nombreuses maladies comme le diabète, certains cancers et même des démences.

La vitamine D apportée par l’alimentation est hydrophobe et liposoluble. Elle est partiellement absorbée dans la partie terminale de l’intestin grêle, en émulsion avec les sels biliaires.

La vitamine D est potentiellement toxique. Un excès de vitamine D a pour conséquence une augmentation de l’absorption intestinale du calcium.
La tendance hypercalcémique qui en résulte freine la sécrétion de PTH ce qui augmentera la calciurie avec des risques rénaux potentiels (lithiase, néphrocalcinose).
L’étape suivante sera caractérisée par une hypercalcémie, parfois très sévère.

Les symptômes de l’hypercalcémie

L’hypercalcémie peut passer inaperçue pendant un certaint temps car il n’y a que peu de symptômes alertants. Cependant, elle peut provoquer une hypercalciurie, c’est à dire une augmentation du taux de calcium dan les urines et une augmentation du volume des urines.

A la longue, le  calcium peut précipiter sous forme de cristaux et fabriquer des calculs rénaux à l’origine de crises de colique néphrétique et d’infection urinaire .

Au niveau de l’os, le calcium peut s’organiser sous forme de kystes osseux bénins qui fragilisent l’os. De la même façon, l’os peut se minéraliser de façon défectueuse et provoquer des fractures spontanées ou des traumatismes minimes.

L’hypercalcémie provoque des signes cliniques : soif, polyurie, amaigrissement, asthénie psychique et physique, syndrome dépressif, nausées, vomissements, ulcère gastro-duodénal, pancréatite chronique, hypertension artérielle…

Pour les hypercalcémies massives, les troubles immédiats sont des troubles du rythme cardiaque, une arythmie, une fibrillation auriculaire,  parfois même des troubles de la conscience. Ils sont précédés par une soif intense, de la fatigue, des douleurs abdominales, une tendance dépressive, et de la constipation.

Le traitement

En cas d’hypercalcémie sévère, une réhydratation est nécessaire par sérum salé, ce qui permet une dilution du calcium mais également favorise son excrétion rénale en favorisant la diurèse.

La mise sous diurétiques, comme le furosémide, permet, par un mécanisme comparable, la baisse de la calcémie (avec, cependant, de nombreux effets indésirables)..

La calcitonine diminue également la résorption osseuse, mais a, de plus, une action rénale en favorisant l’excrétion urinaire de calcium. Le délai d’action est par conséquent beaucoup plus court.

Dans tous les cas, évidemment, il est indispensable de consulter votre médecin traitant qui vous indiquera avec précision les analyses à effectuer et le traitement adéquat.

(Sources: doctissimo.fr/lemedecinduquebec.org/docteurclic.com/passeportsante.net)

Tags: , , , ,

2 Commentaires

Laissez un commentaire ou posez une question