lundi 4 janvier 2016

LE DOSSIER DE LA SEMAINE - 4 01 2016 - 8:01 -

Pourquoi prend-on du poids ?

obesite.les-predispositions-chez-lenfant-liees-au-poids-du-pereParce qu’on mange trop, diront les plus logiques. Parce qu’on mange mal, diront les donneurs de leçons. Parce qu’on vieillit, diront les pessimistes. Parce qu’on a plus de 50 ans, rajouteront les femmes en détresse. Parce qu’on ne bouge pas assez, diront les actifs. Parce qu’on est gros de père en fils, diront les spécialistes de la génétique. Parce qu’on stresse, diront ceux ou celles qui lisent des articles de santé. Ce sont des kilos émotionnels, diront ceux qui se repaissent de revues dites psy.

Tout le monde a raison, tout le monde a tort. Mais alors, pourquoi dont grossit-on ?

L’hérédité

Selon l’enquête épidémiologique Obepi, qui mesure l’évolution de l’obésité dans le pays tous les 3 ans, prés de 6 millions de Français sont obèses.  On sait maintenant qu’il existe des gènes qui influencent l’appétit, la sécrétion des enzymes nécessaires pour brûler les lipides et freiner leur stockage. L’association pour l’étude de l’obésité (ASO), basée au Royaume-Uni, a récemment constaté que les enfants dont les deux parents sont obèses ont 80 % de chances de devenir obèses à leur tour. Ceci, alors que leur voisin de classe, dont les parents sont tous les deux minces, n’aurait que 20% de souffrir de surpoids quand il grandira. Si l’on a un père ou une mère trop gros, le risque de grossir est estimé à 40 %.

Il y a dix ans, en 1994, une étude réalisée par des scientifiques de New York sur des souris a mené à la découverte du gène d’Ob (pour “obèse“). Ce gène d’Ob s’occupe, dans notre organisme, de recevoir la leptine, une sorte d’hormone qui régule la production de masse graisseuse. Or les chercheurs ont constaté, à partir d’expériences sur des souris, que ce gène pouvait se dérégler, provoquant ainsi une obésité importante. Depuis cette découverte, on considère qu’environ 3% des obésités sévères d’enfants étaient dues à ce dérèglement génétique.

Et la gestion des graisses semble reposer sur une vingtaine de gènes disséminés sur une douzaine de chromosomes….Les mauvaises habitudes de vie ont un impact même sur la descendance. Les hommes en surpoids présentent des modifications de l’ADN qui affectent le risque d’obésité des enfants.

Selon une étude menée par l’université de Copenhague (Danemark), le mode de vie d’un homme, notamment sa corpulence, influence le risque que sa descendance présente ou non un surpoids. Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs de l’étude, parue dans Cell Metabolism, ont analysé le sperme de 13 hommes de poids normal et de 10 hommes obèses.

Les chercheurs ont découvert une modification d’un sous-type d’acide ribonucléique (ARN, molécule biologique présente chez pratiquement tous les êtres vivants) impliqué dans l’hérédité. Entre les hommes obèses et ceux de poids normal, plus de 9 000 gènes présentent une méthylation différente (modification chimique qui peut se positionner à des millions d’endroits sur la séquence de l’ADN).

Stress-Weight-LossLe stress

La première façon de grossir à cause du stress se fait par le cortisol, une hormone sécrété pendant les moments d’anxiété. Le cortisol est une hormone qui régule de nombreuses actions dans notre corps. Le cortisol est secrété par la glande surrénale (au-dessus des reins) et son niveau de sécrétion dans le sang dépend de l’heure de la journée (les niveaux de cortisol sont au plus haut le matin entre 6h00 et et 8h00 et au plus bas vers minuit). Le cortisol permet de réguler la pression sanguine et c’est le composant chimique qui donne de l’énergie et de la force musculaire. De plus, le cortisol stimule la production d’insuline et maintient l’augmentation du glucose dans le sang. Il en résulte un accroissement de notre appétit et donc de notre envie de manger. Des recherches ont montré que le stress et le cortisol peuvent provoquer une prise de poids dans la région abdominale plutôt que dans les hanches.

Le niveau de cortisol qui va être produit en réaction au stress peut varier: certains individus sont plus sensibles au stress que d’autres. La recherche a montré que les femmes ayant tendance a réagir au stress avec des niveaux de sécrétion de cortisol plus grands ont aussi tendance à manger davantage.  L’industrie des régimes alimentaires a essayé de faire la promotion des régimes pouvant soit disant réduire les niveaux de cortisol et faire perdre du poids: aucune étude sérieuse n’a pu prouver que ces régimes fonctionnaient.

L’âge

Les hommes et les femmes ne sont pas égaux, ni au niveau de l’âge, ni au niveau du poids. Ainsi, en France, les femmes prennent en moyenne 7,5 kg entre 20 et 50 ans. Les femmes ont une quantité de graisse plus importante que les hommes. On estime que 18 à 25 % de leur poids corporel est constitué de tissu adipeux, contre seulement 10 à 15 % chez les hommes.  Leurs réserves graisseuses localisées surtout dans le bas du corps (cuisses, hanches, fesses, …)ne disparaissent pas facilement, contrairement à celles des hommes, localisées sur l’abdomen, c’est d’ailleurs pour cette raison que les femmes ont plus de mal à maigrir que les hommes.

La prise de poids avec l’âge s’explique d’abord par le métabolisme de base qui représente les calories que l’organisme dépense pour assurer le minimum vital : plus il est faible,  et plus on peut prendre de poids. Le principal facteur qui influe sur lui est la proportion de masse musculaire, plus grande chez les hommes. C’est pour cette raison qu’ils ont un métabolisme de base plus élevé que celui des femmes.

De plus, avec l’âge, la masse musculaire diminue, entraînant la baisse du métabolisme basal : on estime qu’il diminue de 2 à 3% par décennie à l’âge adulte. Le nombre de calories dépensées au repos diminue,  alors que l’alimentation reste souvent la même. Par conséquent, les calories qui étaient autrefois brûlées par l’organisme, sont stockées sous formes de graisse.

timthumbLa ménopause

L’augmentation du poids moyen chez les femmes ménopausées varie de 4 à 10 kgs.

Lors de la ménopause, la baisse des œstrogènes accélère la perte musculaire au niveau des parties inférieures de l’organisme. Elle va donc amplifier le phénomène expliqué précédemment.  La femme ne pouvant plus donner naissance à un enfant, ses réserves graisseuses n’ont plus lieu d’être. Le changement de la silhouette est alors inévitable : les cuisses maigrissent, au contraire de la taille et des hanches qui s’épaississent. La baisse de la masse musculaire entraîne globalement une prise de poids si le même mode de vie est conservé.

La circulation sanguine, souvent moins bonne, favorise la rétention d’eau sous la forme de cellulite, notamment au niveau des cuisses, des hanches et du ventre. La cellulite se caractérise par un aspect de peau d’orange reflétant l’infiltration d’eau des tissus.

media_xl_1131845Les kilos émotionnels

Pas un jour sans que j’entende parler de ces fameux kilos, seule cause selon certains, de leur prise de poids. Dans un livre paru en 2009, le docteur Clerget explique que les émotions peuvent nous pousser à manger davantage. Ou bien nous donner envie de certains types d’aliments, gras ou sucrés notamment. Frustrations, contrariétés ou colère nous amènent à chercher une compensation ou un moyen de nous calmer dans la nourriture, et pas forcément dans celle qui nous ferait du bien. Et cela peut, au fur et à mesure, faire rentrer dans un cercle vicieux: la prise de poids entraîne un mal-être et la mauvaise image de soi, à l’origine de nos complexes, amène à se réfugier dans l’alimentation.

Les fameux “kilos émotionnels” sont intimement liés à la nourriture. Bien qu’encore peu d’études crédibles soient orientées vers ce sujet, les chercheurs s’intéressent maintenant davantage à ce phénomène qu’ils ont baptisé “émotionalité alimentaire” ou “l’alimentation émotionnelle“.
Selon une étude parue en avril 2013, dans “lAmerican Journal of Clinical Nutrition”, 52 % des femmes contre 20 % des hommes mangent sur le coup d’une émotion négative. Cette même étude a permis de démontrer que le risque de surpoids est 5 fois plus élevé chez la personne qui consomme une nourriture souvent plus grasse ou plus sucrée pour apaiser des sentiments négatifs.

Certaines personnes, insatisfaites, seules, peu épanouies au travail ou affectivement, comblent un vide et deviennent obsédées par l’idée de manger.  Perdre du poids commence d’abord par une meilleure gestion de ses émotions, une libération de “secrets” enfouis depuis des mois, des années, par une acceptation des autres, mais surtout, avant tout, de soi. Faire la paix, c’est commencer par s’aimer, avec ses bons et mauvais côtés.

-Sources: e-sante.fr/ aujourdhui.com/ stressanxiete.fr/ passeportsante.net

-A lire: “Les kilos émotionnels, Comment s’en libérer” (Albin Michel)

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