Carpe diem… »cueille le jour présent sans te soucier du lendemain« . Cultiver la « Pleine conscience » ou « Mindfullness », c’est apprendre à penser au présent. On arrête de se projeter et de se juger.

Ce programme ambitieux a été établi depuis  1979 par Jon Kabbat-Zin, professeur en médecine formé par le prestigieux Massachusetts Institute of Technology. Il a  convaincu plus de 250 hôpitaux et cliniques dans le monde des bienfaits de la « pleine conscience ».

Aujourd’hui l’idée fait doucement son chemin en Europe. Des thérapeutes expliquent que la « pleine conscience » peut aider tout le monde et dans toutes les circonstances, du malade atteint de cancer à l’employé de bureau stressé.

Cette forme de méditation est un état de conscience modifiée qui ne vise aucun but précis à part l’attention sur soi, et qui concerne toute personne perturbée ou anxieuse.
Conçu à l’origine pour réduire le stress dû à la maladie, aux traitements lourds ou aux douleurs chroniques, le programme du Dr Kabbat-Zin a permis de faire naître d’autres programmes, comme le « Mindfullness based Cognitive Therapy », une thérapie qui a fait ses preuves chez les grands dépressifs.

«Cette technique permet de prendre de la distance par rapport à nos pensées, de rompre avec nos ruminations : ces productions mentales récurrentes figurent parmi les principaux responsables des états d’anxiété ou de dépression », explique Corinne Divorne, infirmière et psycho-pédagogue à Genève.

Malgré tout, il faut vraiment s’y mettre: la méthode exige en effet un investissement total, à raison de deux heures hebdomadaires pendant deux mois, et d’une heure d’entrainement quotidien et individuel.

En France, on est encore loin de prescrire la méditation en cas de stress ou de douleur chronique. Dans notre société saturée de sollicitations et d‘informations, la capacité à se recentrer sur soi est devenue un véritable sport. Pourtant,  des groupes isolés se forment aux quatre coins de la France, des praticiens renommés, comme le psychiatre Christophe André à l’hôpital Sainte-Anne, créent des émules, et le champ d’application tend à s’élargir.

Des cycles de « mindfullness » pour les troubles alimentaires ou les addictions devraient bientôt voir le jour, en attendant que les managers s’y intéressent pour leurs salariés stressés.

(A consulter: www.terrafemina.com – www.association-mindfulness.org)