Guides pratiques, manuels de développement personnel  ou ouvrages de psychologie, les livres-thérapeutes divertissent autant qu’ils soignent. La «bibliothérapie» débarque de façon massive et les titres alléchants pullulent: « mieux gérer son stress« , « affronter ses peurs« , « vivre avec les autres« , « le grand livre de la sérénité« , il y a apparemment une multitude de mots qui soignent nos maux.

La Reading Therapy vient plutôt des pays anglosaxons. Les États-Unis d’abord : ce sont les thérapies comportementaleset cognitives (TCC) qui ont diffusé les premiers supports écrits de psychothérapie qui ont abouti plus tard à tous les livres de « Self-Help » fleurissant aujourd’hui dans les librairies.

Et, en quelques années, ce recours spontané aux livres pour aller mieux ou trouver des solutions dans sa vie est devenu un domaine de prescriptionquasi scientifique : la bibliothérapie.

Les guides pratiques

Les guides ou livres de conseils pratiques ont le vent en poupe depuis longtemps. Exercices, tests, listes de questions et situations types détaillées inspirent le lecteur en quête de mieux-être. Jusque-là, on considérait ces ouvrages de « self-help » comme de purs produits «made in USA»et on les trouvait quelque peu simplistes. Trouver son bonheur au bout d’années de galères et de quêtes grâce à quelques témoignages semblait vraiment un peu affligeant.

Pourtant, explique le docteur Cungi, psychiatre et spécialiste du stress, « Outre-Atlantique,  ce vaste mouvement de self-help – qui comprend aussi des groupes d’entraide – représente la première structure de soins et a généré des connaissances nouvelles sur de nombreux troubles.« 
Les livres de connaissance de soi

Ils favorisent l’identification: le lecteur sait qu’il n’est plus seul, il déculpabilise, sa situation lui paraît tout à coup moins dramatique. Ces essais décryptent une difficulté psychologique et font aussi une large place à l’introspection, au récit d’histoires vraies, aux témoignages de « ceux qui s’en sortent ». Dans la mesure où ils renvoient à des histoires personnelles, ils invitent le lecteur à chercher lui aussi sa propre vérité, et suscitent les bonnes questions.
« De nombreuses études ont montré les bienfaits de ces livres sur les troubles de l’anxiété, la boulimie, l’estime de soi, la dépression« , déclare le psychiatre Christophe André qui a lui-même publié de nombreux ouvrages aux éditions Odile Jacob. « Je demande au patient de le lire dès les premières séances afin de savoir s’il se reconnaît ou non dans les troubles décrits. Je peux aussi lui demander de travailler tel chapitre chez lui, avec exercices à l’appui« .
Le bibliocoaching

Importé par Emilie Devienne, coach en développement personnel, il permet de mettre des mots sur des souffrances.Face à un problème ou un évènement douloureux, le livre aide parfois à y voir plus clair. Ouvrir les pages permet de lever des blocages, de voir que d’autres ont connu le même problème et l’ont résolu.
Emilie Devienne reçoiten consultation individuelle, à l’issue de laquelle elle recommande trois lectures, tous genres confondus. Un moiset demi après, le patient lecteur participe à un groupe animé par la coach.

(Sources: Femme actuelle / acsm-ca.qc.ca / lefigaro.fr)