Le terme dépression masquée correspond à peu près à ce que les anciens psychiatres appelaient “dépression sine depressione“, c’est à dire un état où le processus dépressif et ses deux symptômes fondamentaux, à savoir la tristesse vitale et le ralentissement psycho-moteur, sont dissimulés.

Les signes psychiques de la maladie (souffrance morale, pensées suicidaires…) passent à l’arrière-plan pour laisser la place aux signes physiques : douleurs diffuses musculaires et articulaires, fatigue et insomnie, manque d’appétit, céphalées, douleurs thoraciques…

De ce fait le patient n’est pas traité pour sa dépression en tant que telle et va de cabinet en spécialiste, dans une accumulation de traitements pour lumbagos, céphalées, ou syndromes de fatigue chronique.

Des troubles végétatifs, hors système nerveux central, apparaissent :

-troubles cardia-vasculaires,

-troubles digestifs,

-troubles gastro-génitaux,

-troubles génito-urinaires,

-troubles musculaires ou osseux,

-acouphènes,

-vertiges,

-céphalées,

-algies faciales.

Le travail de dépistage d’une dépression par le médecin n’est pas toujours facile.  La dépression masquée doit être soignée comme une dépression classique. Cela permet généralement de guérir les manifestations de toutes sortes et d’arrêter les autres traitements médicamenteux (contre la douleur, les difficultés digestives, etc.) qui qui se sont montrés, et pour cause, sans efficacité durable.

L’important reste toujours l’écoute du malade, donc son interrogatoire, l’observation du comportement, du regard… le thérapeute ne doit pas s’arrêter à “la plainte”, mais chercher la cause, remonter, faire raconter, questionner, venir à bout des réticences et même parfois du sentiment de honte qui habite le patient.

(Sources: depression.comprendrechoisir.com/santemagazine.fr)