Un mariage sur 3 se termine par un divorce. Jusqu’ici rien ne permettait de savoir lequel. Mais cela pourrait changer avec les travaux pionniers de deux équipes de chercheurs américains, qui bousculent au passage les idées reçues sur la question.

« Si l’on en croit les livres, l’agressivité et les idées négatives prédiraient le plus sûrement les divorces, fait remarquer le Dr Janice Kiecolt-Glaser (université de l’Ohio, Columbus), qui a suivi plus de 90 couples pendant 10 ans. Mais ce n’est pas ce que nous avons observé. »

Kiecolt-Glaser et Gottman sont, si l’on peut dire,  les envoyés spéciaux d’une Amérique qui observe avec effarement ses structures familiales se désagréger, et voudrait comprendre pour prévenir. A la clé : un enjeu social, affectif et sanitaire considérable, si l’on en croit les études qui année après années, associent les foyers déstructurés à un risque accru de conduites à problèmes, de violence adolescente, de suicides etc...

L’équipe de Janice Kiecolt-Glaser a mené une enquête. Les scientifiques ont recherché les variables (psychologiques ou biologiques) permettant de prédire le succès ou l’échec de ces mariages. « Nous avons trouvé que les taux d’hormones relevés après la discussion d’origine étaient les marqueurs les plus fiables du divorce ultérieur. »

Ces hormones, ce sont celles du stress. En réponse à un événement stressant, l’hypophyse, sollicitée par le CRF (corticotropin releasing factor) libère une hormone, l’ACTH (adrenocorticotropic hormone), qui entraîne la sécrétion de cortisol par les glandes surrénales. Le cortisol est responsable de l’élévation d’un neurotransmetteur, la noradrénaline, et de son métabolite hormonal, l’adrénaline.

Les critiques, moqueries, dénigrements, pne permettent pas de crever l’abcès et de résoudre le conflit, mais entraînent frustration et stress. Ce stress est tout particulièrement ressenti par les femmes. D’autres travaux en effet ont montré que, confrontés à une situation qui les oppose, hommes et femmes réagissent différemment.

Les premiers cherchent le plus souvent à désamorcer l’argument, quitte à fuir ou à se retirer. Les femmes se montrent plus actives : elles se plaignent, critiquent ou exigent des changements d’ordre relationnel. Les esquives du mari sont vécues comme une source intense de frustrations.

Le taux de cortisol, signalent les chercheurs,  est chez la femme un signal d’alarme de ce qui va se passer plus tard, si son mariage va ou non survivre. Une telle relation n’a pas été observée chez l’homme, signe que les femmes sont plus sensibles que les hommes aux événements négatifs qui affectent leur couple.”

(Sources: lanutrition.fr)