Franchement, nous ne sommes pas si mal. De toute façon, il faut bien se le dire, personne n’est parfait. Et ce sont nos petits défauts qui font tout notre charme. En fait, à part quelques vétilles qu’il est inutile de mentionner, le seul truc qui cloche, chez nous les femmes, c’est que nous sommes plutôt jalouses. Ce qui est normal quand on aime, non ?

Et puis, de toutes façons, c’est la faute aux oestrogènes ! Mais oui : d’après une étude très sérieuse réalisée il y a quelques années par l’Université du Missouri aux Etats-Unis, prés de 10% des femmes victimes du SPM, (comprenez Syndrome Prémenstruel), période où le taux d’œstrogènes est le plus élevé, piquent des crises de colère possessive. Et la majorité des femmes qui prennent la pilule sont plus jalouses que les autres.

Pour ces chercheurs de haut niveau, c’est clair : c’est le taux d’œstrogènes qui conditionne le degré de jalousie féminine. Et ce n’est pas tout : la même étude a démontré qu’une baisse du taux de sérotonine, ou hormone de la bonne humeur, fabriquée dans le cerveau, correspondait à des tempéraments fortement jaloux.

Vous suivez ? La jalousie est donc d’origine biochimique et biologique. Ce qui nous dédouane quand même largement.

Bon d’accord : ça ne justifie pas pour autant des comportements déjantés, depuis l’espionnage systématique jusqu’à la névrose obsessionnelle en passant par les ruses de sorcières pour récupérer son homme. Comme toujours, il faut trouver un juste milieu  entre la tête dans le sable, telle l’autruche de base, et le harcèlement non-stop qui met notre moitié sur les dents.

La jalouse enragée fait de sa propre vie, et de celle de son partenaire, un véritable enfer. N’oublions pas, comme le disait Marcel Proust, que « la jalousie n’est souvent qu’un inquiet besoin de tyrannie ».

Je vous propose de faire un petit test pour mesurer si votre jalousie est sans importance ou si elle atteint un seuil inquiétant.

1) Depuis quelques jours votre conjoint, surchargé de travail selon lui,  rentre tard du bureau :

a) Du coup vous lui téléphonez systématiquement pour vous assurer de sa présence.

b) Chaque jour vous l’interrogez sur son emploi du temps heure par heure.

c) Vous lui dîtes, en plaisantant à moitié, que le bureau a bon dos.

d) Vous lui demandez gentiment s’il n’est pas trop fatigué.

2) Il vous annonce qu’il a un séminaire de 3 jours en Hongrie :

a)Vous lui faîtes une scène, pas question qu’il vous abandonne.

b) Vous exigez le numéro de téléphone de l’hôtel même s’il emporte son mobile.

c) Vous déployez tous vos charmes pour le dissuader de partir.

d) Vous lui préparez sa valise, comme toujours.

3) Vous le soupçonnez de mentir depuis quelques temps :

a)Vous fouillez ses poches

b) Vous épluchez son agenda

c) Vous interrogez sa messagerie vocale et tentez de trouver le mot de passe pour lire ses mails.

d)Vous essayez de penser à autre chose.

4) Quand il reçoit une lettre au courrier :

a)Vous demandez à la lire

b)Vous lui demandez de vous la lire

c) S’il refuse, vous essaierez de trouver la lettre coûte que coûte.

d) C’est personnel, cela ne vous concerne pas.

5) Il fait des compliments un peu “appuyés” à vos amies :

a) Devant elles vous vous moquez de ses manières de vieux Don Juan

b) Après leur départ, vous lui faites de violents  reproches.

c) Vous trouvez qu’il en fait toujours trop et qu’il se rend ridicule.

d) Cela vous amuse.

6) Lors d’un dîner, il s’intéresse de très près à sa voisine de table :

a)D’un geste vraiment maladroit vous renversez votre verre de vin dans l’assiette de sa conquête.

b) A peine dans la voiture, vous lui faîtes une scène à tout casser.

c) Vous faites les yeux doux à votre voisin de table.

d) Vous êtes contente de voir qu’il ne s’ennuie pas.

7) Il regarde les femmes dans la rue et s’extasie de temps à autre :

a) Vous lui faîtes sèchement remarquer qu’il est vraiment vulgaire.

b) D’un ton perfide vous suggérez qu’il a passé l’âge.

c) D’un seul coup vous vous sentez vraiment moche.

d) Indirectement vous êtes flattée d’être à ses côtés.

8) Vous rencontrez une femme qu’il a aimée autrefois :

a) Vous prenez votre air le plus renfrogné et ne desserrez pas les dents.

b) Vous la regardez d’un air méprisant de la tête aux pieds.

c) Vous la bassinez avec votre bonheur conjugal et votre vie de famille.

d) Vous vous efforcez d’être relativement sympathique.

9) Vous découvrez un cheveu étranger sur le revers de sa veste :

a) Vous inspectez sa garde robe de A à Z pour découvrir d’autres indices.

b) Vous le prélevez délicatement et commencez à enquêter pour découvrir à qui il appartient.

c) Vous lui mettez sous le nez en hurlant et en le menaçant de divorcer dans l’instant.

d) Vous ne faîtes pas attention à ce genre de détail.

10) Une de vos relations s’extasie sur votre moitié :

a) Vous souriez hypocritement en vous retenant de l’étriper.

b) Vous notez dans un coin de votre tête de la surveiller de plus prés.

c) Vous pensez aussitôt qu’il faut vivre avec quelqu’un pour le connaître.

d) Vous opinez du bonnet car, c’est vrai, vous avez de la chance.

11) Vous commencez à vous faire du souci quand :

a) Il est constamment dans les nuages et répond à côté.

b) Il vous couvre de cadeaux mais ne vous touche plus guère.

c) Il se précipite sur son portable à la moindre sonnerie.

d) Il parle de commencer un régime pour perdre son embonpoint.

12) Ca y est, il a avoué avoir donné un coup de canif au contrat :

a) Vous le flanquez à la porte aussi sec.

b) Vous cassez la vaisselle et versez des torrents de larmes.

c) Vous jouez l’indifférence et mijotez une revanche aux petits oignons.

d)Vous souffrez le martyre mais essayez de comprendre et de pardonner.

RESULTATS

1)si vous avez un maximum de a) :

Vous êtes d’une jalousie féroce

Pour vous, l’amour, c’est tout ou rien et vous faites souvent preuve d’une imagination délirante. Votre jalousie est obsessionnelle, elle rythme votre quotidien : vous appuyez sur la touche bis du téléphone si votre époux est rentré à la maison avant vous, fouillez frénétiquement ses poches dés qu’il a le dos tourné, épluchez son relevé bancaire pendant son sommeil.  C’est instinctif, une sorte de montée de fièvre qui vous met le rouge aux joues et le front en sueur.

Tout est inquiétant et vous ne pouvez vous empêcher de redouter une trahison. De la crainte aux certitudes il n’y a qu’un pas que vous franchissez en courant. Un mot hésitant, un regard qui semble fuyant, une réponse qui tarde et c’est la crise, accompagnée de sa cohorte de visions cauchemardesques. Vous réglez vos comptes au bazooka et à coups de griffes. En proie à une véritable fixation sur une personne précise ou une hypothétique rivale, vous interprétez tous les actes de votre conjoint à la lumière de cette conviction. C’est aussi votre façon à vous de conjurer le danger : l’inventer pour mieux l’écarter, jouer avec le feu pour ne pas vous brûler. Même hautement improbable, l’infidélité reste toujours possible. L’idée est insupportable, la réalité serait horrible. Par la magie de votre jalousie, vous cherchez à vous rassurer. Avec vous, c’est mieux qu’au cinéma !

2)si vous avez un maximum de b) :

Vous êtes une jalouse narcissique

Vous êtes très amoureuse et toujours sur le qui vive. Un imperceptible changement peut vous faire basculer dans l’insécurité la plus totale. Tourmentée, anxieuse, vous vivez dans la peur de tomber de haut. Votre famille en général et votre couple en particulier sont vos points d’ancrage, autour desquels s’organise toute votre vie. Il faut que ça tourne rond, et pour vous en assurer, vous contrôlez tout.

Pour vous, personne ne doit avoir un jardin secret, ni conserver la moindre intimité. Tout est partage, tout est échange : si on vit ensemble, on doit tout se dire, ne jamais rien se cacher. Votre jalousie est chronique, entretenue par des problèmes récurrents, toujours les mêmes, faite de petits riens et de blessures éphémères. Méfiante et soupçonneuse, vous êtes une handicapée du sentiment. La sensation dominante est celle de perdre, perdre l’amour, non celui que vous donnez parcimonieusement mais celui que vous réclamez à cor et à cris. C’est un fait : vous donnez peu et demandez beaucoup. Vous avez un besoin éperdu de vous sentir  aimée. Et tremblez à l’idée de que l’on pourrait vous voler ce que vous croyez posséder.

3)Si vous avez un maximum de c) :

Vous êtes une jalouse possessive.

Votre jalousie est à la fois une banale revendication de propriétaire comblée et une façon originale de renforcer votre amour. On est d’autant plus attachée à son mari qu’on peut le soupçonner de séduire toutes les autres femmes. La nature humaine est ainsi faite que l’on aime plus fort ce que l’on sait ou que l’on pense convoité par les autres. L’objet de votre amour est désirable, tout est là pour vous le prouver. Vous surveillez donc d’un œil vigilant votre territoire affectif et chaque intrusion vous amène à adopter une stratégie adaptée. Vous gérez votre couple d’une main de fer dans un gant de velours. Ici, c’est chasse gardée, mais point de fils barbelés : vous faites dans la douceur et jouez de votre féminité. Tout reste au niveau d’un jeu dont souvent votre partenaire se fait le complice. Vous aimez fort mais avec pudeur. Vous défendrez donc vos intérêts avec subtilité et ne vous battrez que la fleur aux dents. Chapeau, c’est du grand art !

4)Si vous avez un maximum de d) :

Votre jalousie est plutôt…déconcertante.

Si, comme disait Léautaud, « l’amour, sans la jalousie, n’est pas l’amour », le contraire n’est pas vrai. La jalousie n’a jamais été la preuve d’un amour véritable. Heureusement ! Car franchement ce n’est pas souvent que vous manifestez une inquiétude ou un trouble quand on s’approche de votre homme. Votre indifférence pourrait même laisser penser que vous cherchez à vous en débarrasser. Bien joué. Car sous une apparence sereine, un air détaché, se cache une profonde tendresse. Seul votre conjoint a pu le vérifier.

Les pièges de la  jalousie ? Vous les connaissez évidemment, pour y être sans doute tombée il y a déjà fort longtemps. Alors, aujourd’hui, vous vous contentez de les ignorer. Ce n’est pas vous qui allez vous « faire un film »  dès que le portable de l’être aimé ne répond pas ! Ni vous enfermer dans une bulle de tristesse quand il fait le joli cœur. Votre amour est basé sur la confiance, le respect et la liberté. Et sur le dialogue qui permet de résoudre les problèmes les plus compliqués.