
La perte d’acuité auditive jouerait un rôle majeur. Or plus de 10 % de la population française serait confrontée à baisse de l’audition.
Et si ce trouble banal augmentait le risque de déclin cognitif ?
Est-ce que vous entendez mal ? Vous faites répéter vos proches. Vous craignez de mal comprendre en réunion ou au restaurant. Vous croyez que les autres parlent trop vite, articulent mal, ou que la télévision est mal réglée. « Rien de grave », pensez-vous. « Un désagrément banal. Fréquent. Presque normal avec à partir d’un certain âge ».
Et pourtant….Ces signes sont ceux d’une baisse de l’audition. Un trouble courant, souvent minimisé, parfois nié. Or, une étude de l’université d’Oxford publiée ces derniers mois indique que cette perte auditive progressive pourrait être bien plus qu’un simple problème de confort. Elle pourrait augmenter le risque de déclin cognitif et de maladie d’Alzheimer.
Alzheimer : de quoi parle-t-on vraiment ?
La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence. Elle se manifeste par une dégradation progressive des fonctions cognitives, avec des symptômes caractéristiques. Cela commence fréquemment par des troubles de la mémoire récente. S’ajoutent des difficultés à trouver ses mots et une désorientation dans le temps et l’espace. A un stade avancé, il y a perte d’autonomie.
Il est important de distinguer Alzheimer des autres formes de démence. Par exemple, la démence fronto-temporale touche plus précocement certaines zones du cerveau et se manifeste souvent par des troubles du comportement, de la personnalité ou du langage, avant les troubles de la mémoire. Ces différences cliniques traduisent des mécanismes biologiques distincts.
Peut-on parler de maladie génétique ?
Contrairement à une idée répandue, la maladie d’Alzheimer n’est pas le plus souvent génétique. Les formes héréditaires, liées à des mutations spécifiques, restent rares et concernent une minorité de patients, généralement avec un début très précoce.
Car, dans la majorité des cas, Alzheimer est dite « sporadique ». En effet elle résulte d’une combinaison complexe de facteurs liés à l’âge, au mode de vie, à la santé cardiovasculaire… et de plus en plus, à des facteurs sensoriels comme l’audition.
Perte auditive et démence : ce que révèle la science
Depuis plusieurs années, les études épidémiologiques montrent une association forte entre perte auditive et risque de démence. Mais une étude très récente de l’université d’Oxford apporte un éclairage nouveau.
En analysant les données de plus de 82 000 participants, les chercheurs ont observé que les personnes présentant une perte auditive non corrigée avaient un risque plus élevé de déclin cognitif. Y compris la maladie d’Alzheimer, indépendamment des autres facteurs de risque connus.
Pourquoi l’audition pourrait jouer un rôle clé
Même une légère perte auditive est associée à un risque accru de démence. Plusieurs mécanismes expliquent ce lien.
-Lorsque l’on entend mal, le cerveau consacre une énergie excessive à décoder les sons. Ce qui se fait au détriment de la mémoire et de l’attention. Il y a alors une surcharge cognitive.
–Ensuite, vient une diminution de la stimulation cérébrale : une audition dégradée réduit les entrées sensorielles et peut accélérer l’atrophie de certaines régions du cerveau.
–Enfin, les difficultés de communication favorisent le repli sur soi. D’où un isolement social. Un facteur aujourd’hui clairement associé au risque de démence.
Prévenir la démence : pas seulement une affaire de seniors
L’un des messages forts des travaux récents d’Oxford est que la prévention doit commencer tôt. La perte auditive débute souvent dès la quarantaine, parfois même avant, et évolue lentement. Et souvent sans que la personne s’en rende compte.
Agir à partir de 40–45 ans pourrait donc avoir un impact majeur. Il faudrait donc faire des tests auditifs réguliers, et avoir une prise en charge précoce des troubles de l’auditiont. Elles pourraient devenir de véritables stratégies de prévention du déclin cognitif.
Ce qu’il faut retenir
La maladie d’Alzheimer n’est pas uniquement une question de génétique ou de vieillissement. Les données scientifiques les plus récentes, en soulignant le rôle de l’audition, ouvrent la voie à une meilleure prévention. Mieux entendre, plus tôt et plus longtemps, pourrait contribuer à préserver les fonctions cognitives.
Ces résultats invitent à changer de regard : prendre soin de son audition, c’est aussi prendre soin de son cerveau.
(A consulter: https://www.francealzheimer.org/ https://www.vaincrealzheimer.org/https://alzheimer-recherche.org)
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