le menteur se cache et tricheUne diction claire, des mots précis, aucune hésitation, nous voici rassurés. Un débit saccadé, nerveux, des termes flous, un certain flottement, nous commençons à douter, Est-il vraiment possible de détecter un menteur au seul son de sa voix ?

Détecter un mensonge grâce à la musicalité de la voix

En février de cette année, une série d’expériences a été menée par des scientifiques du CNRS et de l’IRCAM.

Le but était d’arriver à comprendre comment nous avons la conviction que quelqu’un ment en écoutant sa voix.
En fait c’est notre cerveau qui prend la décision, tout seul. La variation des hauteurs de la voix, son timbre, sa musicalité, la longueur des sons définissent ce que l’on appelle une prosodie. Et c’est elle qui véhicule des informations sur la sincérité d’une conversation.

Lors de l’expérience, les chercheurs ont montré que cette prosodie, cette signature, était commune à plusieurs langues, précisément le français, l’anglais, et l’espagnol.

D’après eux le mensonge aurait une signature vocale particulière. Pour le reconnaître, il faut être attentif à “une hauteur qui descend à la fin du mot, une intensité forte au milieu du mot, et une diction rapide“.
En écoutant plusieurs centaines de sons, les participants ont évalué les mots. Ils ont constaté qu’un discours plus lent et avec moins d’emphase était une signature de malhonnêteté.

Il faut cependant rester prudent et ne pas porter de jugement hâtif.  En effet il existe 70 000 façons différentes de dire un même mot.

D’autres signes révélateurs du mensonge

regarder les yeux du menteurIl faut évidemment regarder les yeux. Là encore les idées préconçues ne sont pas forcément les bonnes. On a souvent dit que les menteurs fuyaient le regard de leur interlocuteur. Pas tous: certains fixent droit dans les yeux. Leur regard est ferme, froid, ils veulent convaincre, manipuler. D’autres au contraire auront du mal à soutenir le regard, ils vont cligner des yeux.

Le menteur se répète, donne beaucoup (trop) d’informations. Il se noie dans les détails, son récit se complique. il cherche à perdre l’autre dans le labyrinthe de ses affabulations.

Du coup, son cerveau, occupé à gérer la cohérence de son récit, a du mal à surveiller son corps. Certains sont figés, immobiles, d’autres ont des gestes incontrôlés, comme de brusques mouvements de la tête, des tics. Ils se frottent la nuque, se recoiffent, se touchent le visage, croisent les bras.

Il n’est pas facile de savoir si quelqu’un ment. Les critères physiques sont-ils vraiment utiles quand il s’agit de détecter un mensonge ? Selon les scientifiques, en matière de détection du mensonge, “peu d’indicateurs observables sont fiables”. Et sans preuves un mensonge est découvert dans seulement 50 % des cas.

Les entreprises investissent dans la recherche du mensonge

Formations, analyses, logiciels, de plus en plus de sociétés se préoccupent de la détection du mensonge. A l’aide de micros, de caméras cachées ou de glaces sans tian, d’anciens policiers déploient leur savoir-faire et font partager leur expérience.

La police espagnole teste VeriPol, un programme basé sur l’intelligence artificielle. Au Canada, au Mexique, d’autres études s’intéressent au comportement des personnes interrogées. Des logiciels analysent les mouvements du corps, des yeux, les changements de posture. En France, la Sécurité sociale cherche à former ses agents aux «techniques d’audition et de détection du mensonge».

Mentir, un sport pour certains d’entre nous

La tâche est ardue. Nous commençons à mentir à l’âge de trois ans, et nous mentons ensuite deux fois par jour en moyenne.

Aux Etats-Unis et au Japon, on utilise toujours le polygraphe ou détecteur de mensonges, né en 1921. Mais le taux de stress engendré par un interrogatoire avec des électrodes est susceptible d’entraîner assez de changements physiologiques pour fausser les résultats.

Alors, que faire ? Comment repérer les imposteurs ? On peut toujours essayer la méthode utilisée autrefois, en Chine : le suspect devait mâcher du riz et le recracher : si le riz était sec,  il y avait mensonge…

(Sources : www.cnrs.fr/ franceculture.fr)

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